James Turrell – A Roden Crater, le land art à son plus haut niveau

1 avril 2026

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« Ce qui m’intéresse, c’est de lier les choses que l’on voit à celles que l’on voit les yeux fermés ».

Pilote d’avion à 16 ans, incarcéré à l’âge de 23 ans, James Turrell est très tôt fasciné par les effets de la présence ou l’absence de lumière. Cette fascination est confortée par des études en mathématiques, géologie, astronomie et psychologie de la perception. La lumière, naturelle ou artificielle, et l’espace, constituent les modes d’expression de James Turrell.

Dans les années 1970, il réalise 80 skypaces, des pièces épurées, d’une seule couleur avec une ouverture dans le plafond. Assis ou allongés, les spectateurs peuvent observer le ciel comme s’il était un tableau, changeant au gré du jour et de la nuit. Le spectateur voit ses repères bousculés et jouit ainsi d’une expérience intime, jusqu’à la méditation.

Roden Crater, l’œuvre d’une vie

En 1977, il acquiert, avec l’aide de la DIA Art Foundation un cratère volcanique dans le Nord de l’Arizona, le Roden Crater, éteint depuis 400 000 ans. Inspiré par des sciences qui remontent à la nuit des temps, notamment par le temple aligné sur le soleil d’Abu Simbel et le Jantar Mantar de Jaipur, il le modifie et l’aménage en un observatoire astronomique géant. Le cratère est transformé grâce à d’importants travaux de terrassement visant à obtenir un profil topographique précis. L’horizon, artificiellement surélevé, s’organise pour pouvoir apprécier pleinement l’expérience sensorielle de la voûte céleste.

Composé de 24 capsules et 6 tunnels destinés à offrir une immersion visuelle ou sensorielle spécifique, l’oeuvre achevée doit voir le jour très prochainement. Spécificités de la lumière, phénomènes célestes et temporels, solstice d’hiver, solstice d’été, se ressentiront à l’œil nu.

Eye of the Crater

Dans l’œil du cratère, quatre grands socles rectangulaires sont édifiés. Il sera possible de s’allonger et contempler le ciel. A la nuit tombée, une lumière artificielle se diffuse, offrant un contraste absolu avec l’obscurité environnante. Ce jeu d’éclairage transforme la perception des couleurs et des dimensions, ajoutant une profondeur unique à l’expérience.

James Turrell explique : « Mon travail n’a ni objet, ni image, ni focus, alors que regarde-t-on ? On se regarde regarder. Ce qui m’importe, c’est de créer une expérience de pensée sans parole.»

https://rodencrater.com/about/

Crédits photos : Florian Holzherr

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