A présent que les épisodes caniculaires se multiplient, l’architecture urbaine se doit de réinventer ses modèles. Certaines villes et certains pays ont déjà reconsidéré le sujet et offrent des aménagements appréciés de tous, petits et grands, habitants ou touristes.
Miroirs d’eau – des plans d’eau artistiques et ludiques
Les miroirs d’eau, plans d’eau de faible profondeur, équipés de jets et de brumisateurs ont donné le « la ».
A Nice, le long de la place Masséna, 3 000 m2 de promenade lacustre s’offrent aux passants. S’ils poursuivent leur balade, dans le Jardin Albert 1er, ils s’immergent sur un « plateau des brumes » où près de 1 000 brumisateurs les aspergent. L’expérience fraicheur est renforcée par la présence d’arbres et plantes de tous les continents. Oliviers, figuiers, camphriers, bambous, se mixent à une végétation africaine luxuriante et entrent en résonance avec l’atmosphère aquatique produite par le miroir d’eau et le brouillard brumisateur.
Le miroir d’eau de Bordeaux (photo ci-dessus), qui était à sa création le plus grand miroir d’eau de la planète, a été conçu par Michel Corajoud. Il existe depuis 2006 et est inscrit au patrimoine de l’Unesco. Sa superficie de 3 450 m2 est une véritable œuvre d’art monumentale puisqu’il est le reflet de la place de la Bourse et des quais de la Garonne. Petits et grands s’éclaboussent et se pulvérisent à souhait sur cette carte postale, répertoriée comme « attraction touristique ».
Ces plans d’eau, inspirés par les phénomènes d’inondations de Venise, transforment des espaces publics parfois très exposés au soleil en lieux artistiques où confort et poésie se répondent.
Les tours Al Bahr en Arabie Saoudite – Des façades aussi esthétiques que rafraichissantes
A Abu Dhabi, tradition et innovation se sont donné rendez-vous sous le génie des Agences Aedas et Diar Consult. En 2012, ces architectes figuraient parmi les précurseurs de l’architecture durable dans un environnement aux températures extrêmes.
Les deux tours Al Bahr (photo ci-dessous) sont des immeubles de bureaux de 29 étages. Elles consistent en des cylindres recouverts d’une double-peau cinétique. La peau de l’ananas et le tronc du palmier ont inspiré 2 098 mini-ombrelles, contrôlées par ordinateur, qui s’ouvrent et se ferment en fonction de l’avancée du soleil. La géométrie et le mouvement de ces ombrelles, placées à deux mètres des murs traditionnels, font respirer la construction. Elles réduisent la puissance du soleil tout en apportant ventilation et élégance aux deux immeubles.
Si leur aspect esthétique est un réel chef d’œuvre, le dispositif permet d’économiser 50 % des besoins en climatisation tout en inondant les espaces d’une lumière choisie, appréciée des employés. Ces deux immeubles font également la narration de la culture orientale et de ses « moucharabieh », tout en se plaçant dans une démarche de développement durable.
Des solutions modestes ou sophistiquées, avec un côté artistique affirmé, s’offrent donc aujourd’hui au monde pour affronter les nouveaux défis climatiques.
Crédits photos : Rémy Martineau et Aedas
